Mardi 3 mai 2011
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Le premier métier de Jean de La Fontaine (1621-1695), le célèbre fabuliste, est évoqué dans ce passage d'un livre de Léo Claretie :
« La Fontaine fut d'abord inspecteur des Eaux et Forêts. Ce n'était pas un fonctionnaire ordinaire. Il parcourait les
bois, mais il oubliait la plupart du temps sa fonction. Il flânait et il rêvassait. Il n'inspectait rien du tout. Il regardait les grands arbres, les fougères, les taillis, peu attentif au
travail des bûcherons, à la marque des troncs à abattre ou à conserver : tous ces détails ne l'intéressaient pas. Mais ce qui captivait son attention, c'était le volètement des oiseaux dans les
branches, la fuite rapide des lapins et des rats, le guet des renards et des chats autour des poulaillers, le chant clair et matinal du coq, la biche attentive dont la tête sort du buisson, le
chien qui se désaltère au ruisseau, l'âne qui porte les sacs au moulin. »
Cette jolie description m'a fait penser au monde merveilleux (trop merveilleux ?) de Walt Disney. C'est pourquoi j'ai mis comme illustration un dessin extrait d'un
film d'animation du dessinateur et créateur des fameux studios Disney.
Walt Disney, Bambi et les animaux de la forêt
Par Cinémartie
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Mercredi 27 avril 2011
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Plus que deux jours avant le royal wedding. Certains journalistes disent qu'il y aura deux milliards de téléspectateurs, d'autres annoncent le chiffre de trois milliards. Mais un
milliard de plus ou de moins, quelle importance !!!
Mon deuxième article "Spécial Mariage" vous propose une autre fable de Jean de La Fontaine : son titre est La jeune Veuve.
Tableau de Claude-Marie Dubufe
La jeune Veuve
La perte d'un époux ne va point sans soupirs,
On fait beaucoup de bruit ; et puis on se console :
Sur les ailes du Temps la tristesse s'envole,
Le Temps ramène les plaisirs.
Entre la veuve d'une année
Et la veuve d'une journée
La différence est grande ; on ne croirait jamais
Que ce fût la même personne :
L'une fait fuir les gens, et l'autre a mille attraits.
Aux soupirs vrais ou faux celle-là s'abandonne ;
C'est toujours même note et pareil entretien ;
On dit qu'on est inconsolable ;
On le dit, mais il n'en est rien,
Comme on verra par cette fable,
Ou plutôt par la vérité.
L'époux d'une jeune beauté
Partait pour l'autre monde. A ses côtés, sa femme
Lui criait : « Attends-moi, je te suis ; et mon âme,
Aussi bien que la tienne, est prête à s'envoler. »
Le mari fait seul le voyage.
La belle avait un père, homme prudent et sage ;
Il laissa le torrent couler.
A la fin, pour la consoler :
« Ma fille, lui dit-il, c'est trop verser de larmes :
Qu'a besoin le défunt que vous noyiez vos charmes ?
Puisqu'il est des vivants, ne songez plus aux morts.
Je ne dis pas que tout à l'heure
Une condition meilleure
Change en des noces ces transports ;
Mais, après certain temps, souffrez qu'on vous propose
Un époux beau, bien fait, jeune, et tout autre chose
Que le défunt. — Ah ! dit-elle aussitôt,
Un cloître est l'époux qu'il me faut. »
Le père lui laissa digérer sa disgrâce.
Un mois de la sorte se passe ;
L'autre mois, on l'emploie à changer tous les jours
Quelque chose à l'habit, au linge, à la coiffure :
Le deuil enfin sert de parure,
En attendant d'autres atours ;
Toute la bande des amours
Revient au colombier ; les jeux, les ris, la danse,
Ont aussi leur tour à la fin :
On se plonge soir et matin
Dans la fontaine de Jouvence.
Le père ne craint plus ce défunt tant chéri ;
Mais comme il ne parlait de rien à notre belle :
« Où donc est le jeune mari
Que vous m'avez promis ? » dit-elle.
Tableau de François Boucher
Par Cinémartie
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